Samedi bricolage et chimie à la maison avec le Caffenol

En photographie argentique deux produits chimiques sont nécessaires après la prise de vue pour obtenir une image : le révélateur et le fixateur. Le révélateur va agir sur les sels d’argents de la pellicule afin de faire apparaître les zones exposées à la lumière, le fixateur va ensuite éliminer les composants non exposés et non révélés afin d’éviter que l’image finisse par noircir (pour plus d’informations je vous conseille d’aller lire cette page sur laquelle tout le procédé est expliqué et illustré).

En 1995 un groupe d’étudiants et leur professeur ont décidé de fabriquer leur propre révélateur à base de produits du quotidien : le Caffenol C était né !

Fabriquer ce révélateur « maison » est très simple : il suffit de diluer dans de l’eau du café soluble, de la vitamine C (acide ascorbique) et des cristaux de soude (lessive). La simplicité de fabrication de ce révélateur et la qualité des images produites en a vite fait un outil indispensable pour bon nombre de photographes amateurs amoureux des procédés alternatifs et de la photographie créative (lomographie, sténopés, etc.). Plusieurs groupes Flickr regroupent des photos développées au Caffenol.

Initialement prévu pour le développement des pellicules, le Caffenol peut également servir de révélateur papier : mettant a profit une journée maussade j’ai décidé de tenter un petit bricolage en improvisant un labo dans ma salle de bains. N’ayant pas d’agrandisseur chez moi j’ai choisi d’utiliser directement du papier photo à l’intérieur d’un appareil photo Kodak Folding modèle B : j’obtiendrai ainsi un négatif sur papier photo que je pourrai développer dans du Caffenol. Pour le fixateur en l’absence de procédé alternatif j’utiliserai du fixateur Ilford classique. Enfin, en guise d’éclairage inactinique, deux bols en plastique (violet et orange, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a…) couvrant une petite lampe de poche. Advienne que pourra !

Le matériel ultra perfectionné utilisé pour cette expérience

Je décide de suivre la recette du Caffenol C-M (il existe quelques variantes, celle-ci est la plus simple):

L’exposition va nécessiter un temps supérieur à celui habituel avec une pellicule, le papier photo étant moins sensible (estimation à la louche : entre 5 et 10 ISO). Le chargement du papier dans l’appareil se fera dans mon labo improvisé, en espérant que ma lampe inactinique improvisée permettra de ne pas voiler le papier.

Les paramètres des prises de vues sont :

  • Photos d’intérieur : f/6.3,  20 secondes d’exposition
  • Photos des bâtiments : f/22, 2 secondes d’exposition

 

Les photos après développement. En bas au milieu le premier essai : le papier est resté trop longtemps dans le Caffenol et a pris une teinte marron. La bande de papier m’a permis de tester mon révélateur avant d’y mettre une première photo

Le résultat va au delà de mes attentes : l’image est bien nette, les blancs ne sont pas marron (sauf pour le premier essai, laissé trop longtemps dans le Caffenol) et les noirs sont bien noir. La grande difficulté tient de l’opacité du Caffenol : il faut régulièrement sortir la photo pour contrôler le développement. Comme lors des dernières prises de vue au sténopé, il faudra réaliser un tirage contact ou inverser l’image numériquement afin d’obtenir un positif. On peut également utiliser du papier positif direct, comme expliqué ici afin d’obtenir directement une image positive (avec effet miroir).

Les négatifs scannés :


 

Les images après traitement (inversion et luminosité, traitement minimum) :


Compte-tenu des conditions de réalisation de cette expérience improvisée, le résultat est plutôt sympathique et le fait d’utiliser un révélateur maison rajoute une touche de magie au procédé ! Par contre attention si vous voulez essayer : n’imaginez pas que vous allez travailler dans la douce odeur du café fraîchement torréfié… L’odeur n’est pas un atout pour ce procédé par ailleurs si plaisant !

4 Commentaires

  1. Michel Carvou dit : Répondre

    Surprenant !!! Bravo le chimiste du dimanche
    Michel

  2. Victor Alcobia dit : Répondre

    Gautier, ta vocation c’est la chimie. je suis impressionné. Bravo. Victor

  3. Delphine Mercelat dit : Répondre

    Excellent! Encore une expérience pour Gautier !

  4. Gautier Cuquemelle dit : Répondre

    Je n’ai fait que suivre les recettes élaborées par d’autres ! Reste a mélanger sténopé, caffenol et développement à l’éponge… J’ai d’ailleurs en tête un petit projet rigolo dont je vous parlerai à l’occasion 😉

Laisser un commentaire