Retour au labo avec le sténopé

Planche de l’Encyclopédie de Diderot sur la camera obscura (source : Wikipedia)

Le sténopé est un appareil photographique simplifié à l’extrême : une simple boite percée ! Basé sur le principe de la « camera obscura » (principe est connu depuis l’antiquité), il s’agit de restreindre la lumière extérieure en forçant ses rayons à passer par une petite ouverture : on obtient alors une image inversée (droite/gauche et haut/bas) sur la paroi située derrière l’ouverture. Il suffit de placer sur cette paroi un support photo-sensible (pellicule argentique, papier photo ou autre) pour capturer l’image formée. 

Faire un trou avec un clou dans une boite de conserves vide ne suffira pas, il faut en effet respecter quelques règles ! Le diamètre du trou  doit être faible (moins d’un demi millimètre), et dépendra de la distance avec le plan focal (plan sur lequel sera projetée l’image). Plusieurs outils en ligne (par exemple ici) permettent de calculer le diamètre en fonction de la focale désirée et facilitent ainsi grandement  la conception de l’appareil.

 

Prise de vue sur trépied avec le boitier ONDU et sa pellicule 135

Pour ma part j’ai eu la chance de récupérer un boitier complet fabriqué par ONDU (merci Laurent !!). Ce boitier en bois entièrement fabriqué à la main accepte une pellicule au format 135 et autorise deux formats de prise de vue : classique (24×36 mm) et panoramique (24×72 mm). L’appareil est également équipé d’un obturateur pivotant  pas de mise au point (la profondeur de champ s’étend quasiment du boitier jusqu’à l’infini), ni d’ouverture de diaphragme a choisir (le diamètre de l’ouverture est fixe et correspond pour les modèles « maisons » à une ouverture d’environ f/100 à f/200). Avec une telle ouverture, on comprend que les temps d’exposition seront très supérieurs à ceux auxquels nous sommes habitués ! Si certains sténopés vont nécessiter des temps de poses de plusieurs heures (voir jours, mois et même années pour les plus extrêmes), le boitier ONDU a une ouverture suffisamment grande pour que les temps d’exposition ne dépassent pas quelques secondes en conditions normales (2 secondes par temps ensoleillé avec une pellicule 400 ISO).

 

La charte d’exposition fournie par ONDU

Le calcul du temps d’exposition se fait à l’aide d’une table de correspondance (fournie dans mon cas avec le boiter) ou à l’aide d’une application (par exemple « pinhole calculator » sur smartphone) : à partir d’une vitesse calculée à l’aide d’un posemètre ou de la cellule de votre boitier favori il n’y a plus qu’à trouver la vitesse correspondante pour l’ouverture de votre sténopé. Mon erreur pour mes premiers essais a été de choisir une pellicule trop sensible (400 ISO) pour des photos de jour : difficile de respecter précisément un temps d’exposition d’une seconde et demi… 

Au final le résultat est assez encourageant (pour un premier essai). Si les images manquent de netteté et de contraste cela donne une atmosphère particulière que j’aime beaucoup. Prochaine étape : trouver une pellicule 50 ou 100 ISO et repartir en balade avec ce boitier. le temps s’écoule différemment, le regard change, l’expérience est étonnante…

1 Commentaire

  1. Gautier Cuquemelle dit : Répondre

    En passant : la prochaine Journée Mondiale de la Photographie au Sténopé aura lieu le dimanche 30 avril 2017. L’occasion de bricoler un sténopé et d’aller se promener ! On trouve également des objectifs « sténopé » pouvant être montés sur des boîtiers réflex (par exemple : https://www.nikonpassion.com/photojojo-le-bouchon-stenope-pour-reflex-numerique-nikon-ou-canon/), mais on peut également bricoler un simple bouchon de protection (celui que l’on place sur son boiter quand aucun objectif n’est monté) afin de réaliser quelques photos numériques au sténopé. Tout est possible !

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