Boitier Fotodiox DIY – Réflex bi-objectif à monter soi même

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Photographe : chia ying Yang

La manipulation d’un reflex bi-objectif est quelque chose de fantastique. Outre le coté mythique de l’objet rappelant le Rolleiflex de Doisneau, l’appareil invite à prendre son temps. Le cadrage impose au cerveau une certaine gymnastique pour réussir à tourner l’appareil dans la bonne direction lorsque l’on souhaite redresser l’horizon dans le viseur du fait de l’inversion de l’image sur le dépoli, le film s’avance en tournant un bouton ou une manivelle, tous les réglages se font manuellement. On (re)découvre avec ces appareils une autre manière de photographier en prenant le temps, pour reprendre cette phrase de Henri Cartier Bresson, de mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur.

Berthold Werner Creative Commons
Photographe : Berthold Werner

Après avoir écumé les forums de discussions sur internet et consulté tous les sites de spécialistes sur le sujet, après avoir attisé sa curiosité en lisant tant de témoignages, on se décide enfin à en acheter un. Pour comprendre ce qui fait sa différence, pour entrer dans cercle d’initiés, pour pouvoir crâner en public, pour la beauté de l’objet, ou pour toute autre raison, on en veut un. Malheureusement les bons boîtiers ne sont pas à la portée de toutes les bourses, et les (trop) bonnes affaires cachent souvent des mécanismes grippés, des ressorts fatigués et des lentilles fatiguées… Il faudra dépenser plusieurs centaines d’euros pour un bon Rolleiflex, un peu moins pour un bon Yashica. Pour débuter on pourra également se tourner vers un Lubitel à moins de 100 € (de préférence le Lubitel 2) : ce pur produit de l’URSS, rustique à souhait, permet de s’initier aux joies du 6×6 sans se ruiner.

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Le contenu du kit

Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent s’amuser sans se ruiner, qui aiment le bricolage, ne sont pas à la recherche de l’image parfaite mais cherchent plutôt le plaisir du déclenchement, il y a les reflex à monter soi même. On trouve pour une 15-20 euros des kits permettant d’assembler en moins de deux heures un reflex bi-objectif parfaitement fonctionnel. Ce boitier ne fera pas de miracle, ne permet pas de régler la vitesse ou l’ouverture (1/125 , f/5.6 ou f/11 suivant le montage) et est composé uniquement de plastique (même les lentilles), à l’exception des ressorts et des vis. La notice du montage, traduite du Chinois vers l’Anglais, n’est pas toujours d’un grand secours… En tâtonnant un peu (et en jurant beaucoup), on arrive à assembler la bête en un temps raisonnable.

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Le bi-objectif Fotodiox, entre deux de ses grands frères : un Elioflex à gauche et un Lubitel à droite

Il ne reste plus qu’à y installer une pellicule ! Il faudra se contenter d’une pellicule « standard » au format 135, ce qui permet de prendre 24 ou 36 photos, le format 120 et ses 12 poses étant réservé aux boîtiers originaux. La visée est étonnamment claire pour un gadget de ce prix, et la mise au point se fait assez facilement (mise au point inutile si votre sujet se situe à plus de 3 mètres). 

Ma première pellicule ayant été détruite par un développement raté à base de révélateur oxydé il faudra attendre un peu avant de voir mes première photos réalisées avec cet appareil. En attendant vous pouvez toujours aller voir ce que d’autres ont réussi à faire avec le même matériel : http://www.camera-enthusiast.com/forums/useralbums/fotodiox-diy-twin-lens-reflex.672/view

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