Sauvegarder ses photos

A l’ère du numérique nous avons tous tendance à accumuler un nombre impressionnant de photos sur nos ordinateurs. N’ayant plus à payer pour le développement et le tirage papier, ce serait dommage de s’en priver ! Cependant les composants informatiques ont une durée de vie limitée, et en cas de sinistre (vol, incendie, inondation) le risque de perdre ses photos est élevé. Attention également si vous avez sauvegardé vos photos sur CD ou DVD : la durée de vie de ces supports est limitée (compter une dizaine d’années pour un DVD gravé correctement, conservé dans de bonnes conditions et non manipulé) ! 

Dans ces conditions comment s’assurer de ne pas perdre ses données ? Quelles sont les différentes options à notre disposition permettant une sauvegarde efficace, sans se ruiner ?

Tout d’abord, quatre règles importantes que je vous conseille de suivre

Règle numéro 1 

carte-sd-hsNe JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS conserver ses photos uniquement sur la carte mémoire de l’appareil. Si il est conseillé de ne pas les effacer avant de les avoir copiées sur les différents supports de sauvegarde, conserver toutes ses photos uniquement sur la carte mémoire est la chose la plus risquée. Une carte mémoire ça se perd, ça se casse, ça se vole (avec ou sans l’appareil photo qui va avec) et ça s’efface très facilement suite à une erreur de manipulation…

Règle numéro 2 

disques-dursConserver une copie de travail et plusieurs copies de sauvegarde. Rien de pire quand le disque dur de son PC a rendu l’âme que de se rendre compte que l’unique copie de sauvegarde est illisible (problème de conservation des DVD, panne du disque dur externe, etc.)

Règle numéro 3

supports_stockageQuel que soit le support utilisé pour les sauvegardes, il est fortement déconseillé de les stocker au même endroit. En cas de vol, incendie ou inondation, vous risquez de perdre l’ensemble de vos sauvegardes ! Il vaut mieux conserver une copie chez soi, l’autre étant par exemple confiée à des parents, ou a des amis (on peut également chiffrer les sauvegardes pour que celles-ci soient inutilisables sans un code de déchiffrage)

Règle numéro 4

gif-desespoirN’attendez pas qu’il soit trop tard ! On peut perdre 10 ans de photos en quelques secondes. Si certaines pourront être récupérées (celles envoyées à des amis ou postées sur des galeries en ligne comme Flickr, 500px, Facebook ou autre). Alors avant de perdre 95% de vos souvenirs numériques, pensez à les sauvegarder !

A noter :

tetedisquedurcertaines entreprises sont spécialisées dans la récupération de données et peuvent dans certains cas récupérer une partie (voir la totalité) des fichiers stockés sur un disque dur ayant cessé de fonctionner. Il faut cependant savoir que l’opération à un coût élevé et n’est absolument pas garantie…

 

backupsmartphoneEnfin, n’oubliez pas de sauvegarder également les photos de votre smartphone ! Apple propose des solutions pour sauvegarder l’ensemble des données de son téléphone, Google propose un service équivalent pour les téléphones Android. Dans le doute, une copie des photos à l’aide d’un cordon USB permettra de conserver à l’abri une copie de vos photos.

Les bonnes résolutions prises concernant la sauvegarde de ses données, vers quels supports se tourner, et à quel prix ?

Quelques rappels avant de commencer :

  • Rappel des unités : Mo = Méga octet, Go = Giga octet, To = Tera octet
  • Les conversions de base : 1000 Mo = 1 Go, 1000 Go = 1 To
  • Taille d’une photo au format RAW : de 20 à 50 Mo en moyenne suivant la résolution du capteur de l’appareil
  • Taille d’une photo au format JPEG : de 1 à 15 Mo en moyenne suivant la qualité et la résolution de la photo

La liste des supports les plus courants (je ne parlerai pas des supports magnétiques pour lesquels je n’ai aucune expérience) :

spindle-dvdDVD

Avec une capacité de moins de 5 giga-octets le DVD n’est pas le plus intéressant. Il permet de stocker une centaine de photos au format RAW, ou un millier de fichiers JPEG ayant une résolution correcte (sans être maximale). Leur prix est très variable suivant la qualité et le conditionnement : on trouve des packs de 100 DVD vierges (sans boite) à moins de 30€, et des pack de 5 DVD avec boites au même prix. Quant à la durée de vie, elle est très variable, suivant la qualité du disque, celle du graveur, et les conditions de stockage. 

 

cle-usbClé USB

Pratique car ne prend pas beaucoup de place, et les modèles les plus récents ont des capacités intéressantes (128 Go pour une trentaine d’euros). Pratique pour conserver une copie des photos les plus importantes à faible coût et pour un encombrement réduit. Attention cependant à ne pas les perdre… 
 

dd-externeDisque dur externe

Offre une meilleure capacité que la clé USB mais est plus fragile (gare aux chocs !!). Compter environ 50€ pour 500 Go de stockage, 70€ pour 1 T0. Idéal pour conserver une copie de l’ensemble de ses fichiers en dehors de chez soi (parents, amis, coffre à la banque, etc.)
 

ssd-externeSSD externe

Plus rapide que le disque dur, le SSD utilise la même technologie de stockage que les clés USB. Il résistera donc mieux au transport et aux chocs (pas trop violents quand même !). A préférer si vous souhaitez l’utiliser comme disque dur de travail du fait de sa vitesse plus importante, son coût est cependant supérieur à celui d’un disque dur (environ 200€ pour 500 Go)
 

nasNAS

Le NAS est la solution idéale pour stocker de manière sécurisée ses données (et celles de toute la famille). Un NAS est un équipement connecté au réseau informatique (connecté à la box internet par exemple) et équipé de plusieurs disques dur. On peut paramétrer le NAS pour qu’il utilise la technologie RAID : les données sont ainsi sauvegardées sur plusieurs disques en même temps, réduisant ainsi le risque de perte de données en cas de panne. Les fichiers du NAS sont accessibles directement depuis un ordinateur, une tablette ou une TV multimedia. A partir de 150 € pour un boitier pouvant contenir 2 disques, plus une centaine d’euros pour deux disques d’un To. Le plus : on peut paramétrer le NAS pour que les données qu’il contient soient sauvegardées automatiquement vers un espace de stockage dans le cloud.
 

cloudCloud

Le « cloud computing » (traduit approximativement par « informatique en nuage »), est l’exploitation de serveurs informatiques par le biais d’un réseau (principalement internet). De nombreux opérateurs mettent ainsi à la disposition des professionnels et des particuliers la puissance de calcul et/ou la capactité de stockage de leurs serveurs, généralement contre rémunération (abonnement). Il s’agit de serveurs dédiés et sécurisés, aucun risque d’accéder par erreur aux données du client voisin. L’avantage est de bénéficier d’un volume de stockage important sans avoir à s’inquiéter de la durée de vie des disques dur ou de la sécurité des données, tout est géré par le fournisseur du service. Pour ceux qui souhaitent éviter les grandes entreprises américaines (Google, Amazon, Microsoft, etc.) on trouve également des sociétés Françaises qui proposent des offres intéressantes, sur des serveurs hébergés en France (à l’abri du droit Américain…). Je n’ai eu l’occasion de tester que l’un d’entre eux, Hubic, filiale du groupe OVH (qui héberge le site internet du club photo…). L’avantage est que cette société n’est pas trop jeune, a une bonne expérience, et donc un risque réduit de mettre la clé sous la porte demain. Vous pouvez utiliser gratuitement le service (25 Go offerts) ou passer sur une offre payante (10€ par an pour 100Go ou 50€ par an pour 10 To). 

Attention avec les supports magnétiques (clé USB, disque dur, disque SSD) : ils sont sensibles aux champs électro-magnétiques. Évitez de les conserver à proximité d’aimants (je pense notamment aux enceintes dont les haut-parleurs en sont équipés)

Pour ma part, voici la solution retenue pour le stockage et la sauvegarde de mes photos :

  • Sur le disque de mon ordinateur (disque SSD pour la rapidité, mais capacité limitée) se trouvent les photos des 12 derniers mois, ainsi que mon catalogue Lightroom
  • Sur un disque dur externe de 1 To sont stockées toutes mes photos (des plus récentes aux plus anciennes). Ce disque peut être emporté partout au besoin (si je souhaite retravailler ou ré-exporter des images datant de plus d’un an en dehors de chez moi)
  • Sur un NAS sont sauvegardées toutes les photos et les dernières sauvegardes de mon catalogue Lightroom. En cas de défaillance de mon disque dur, je peux retrouver mes photos dessus.
  • Dès que je copie des photos sur le NAS, les photos sont envoyées automatiquement vers mon espace de stockage en ligne chez Hubic

Le NAS est l’élément le plus coûteux, et nécessite un peu de travail pour le paramétrer correctement. On peut bien entendu s’en passer et se contenter d’une double sauvegarde sur disque externe ! 

Cette gestion demande un minimum d’organisation (mais rien d’insurmontable) et à un coût. Pour ma part je préfère investir dans la sécurité des données plutôt que de devoir expliquer à ma femme et à me enfants que toutes les photos de la famille ont disparu quand l’ordinateur portable et le disque dur de sauvegarde sont tombés de la table du salon… Et puis honnêtement, rapporté au prix d’un boitier moderne et d’un bon objectif, ce n’est finalement pas si cher que ça 🙂

Et vous, quelle solution avez-vous choisi de mettre en place pour sauvegarder vos précieuses photos ?

 

2 Commentaires

  1. Vincent Basso-Bert dit : Répondre

    Le stockage des images est un problème auquel n’échappe aucun photographe. Un article très clair sur un sujet qui ne l’est pas toujours, même dans la presse professionnelle ou l’on se perd souvent dans la technique avec au final un sentiment de solitude!!
    Ce que je retiens, c’est qu’il faut multiplier les supports (disque externe, back-up hebdomadaire, USB, et surtout Cloud gratuit jusqu’à un certain volume.
    Comme précisé, ne pas négliger de se constituer une galerie type Flickr, Instagram, 500pix ou autres qui constituent également des sauvegardes récupérables.
    Merci Gautier.

    1. Gautier Cuquemelle dit : Répondre

      Merci Vincent !
      En me relisant je pense que j’aurais du mettre en premier la règle numéro 4 : ne pas attendre. C’est à force de trainer que j’ai perdu environ 60Go de données il y a quelques années… La synchro vers le cloud peut prendre du temps : envoi de données à 400 Ko par secondes en moyenne depuis chez moi, pour l’envoi initial de 400 Go il faut presque 12 jours. Heureusement par la suite les transferts ne concernent que quelques gigas et sont beaucoup plus rapides. C’est aussi l’intérêt du NAS qui s’occupe de tout ça de manière transparente et n’oblige pas à laisser son PC allumé toute la nuit !

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